marche pour l'école publique

Les « réformes » structurelles et pédagogiques imposées par le ministère de l’Education Nationale ne permettent pas de construire une école équitable, humaine et respectueuse de la jeunesse.

Les intérêts des enfants sont gravement bafoués dès lors que :


 

les suppressions massives de postes d’enseignants les conduisent à fréquenter des classes aux effectifs toujours plus chargés. 


 

la formation pédagogique des enseignants est de plus en plus réduite,


 

la réduction du temps scolaire avec la mise en place de programmes d’apprentissages plus lourds et des aides personnalisées en fin de journée, les conduit, notamment les plus fragiles, à l’épuisement psychologique et intellectuel.


 

la disparition progressive des Réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté, conduit à l’abandon de la prise en charge de la grande difficulté scolaire par l’école publique.


Ces réformes s'inscrivent dans une logique plus globale.


Les gouvernements français successifs ont soutenu et approuvé les directives de libéralisation formulées
par la commission européenne.

Cette commission, hors de tout contrôle citoyen, participe aux négociations sur l'Accord Général sur le Commerce des Services (AGCS), dont l'objectif affiché est la " libéralisation de tous les services dans tous les secteurs ", y compris dans les domaines jusqu'à présents gérés par le secteur public. Cette commission est favorable au développement d’une « Economie de la connaissance ». Pour cela, elle finance notamment le « Réseau Européen

d’Experts en Economie de l’Education », qui préconise « l’introduction des lois du marché dans les systèmes scolaires ».


En France, cela se traduit aujourd'hui par la « Révision Générale des Politiques Publiques » (ou RGPP),
par laquelle le gouvernement accepte de mettre en oeuvre une politique libérale dans la gestion de ses services publics (éducation, mais aussi poste, santé, …), malgré des stratégies de communication délibérément trompeuses. Cette logique vise à la déconstruction progressive de l’école publique en vue de l’ouvrir au secteur marchand. Il s’agit là de perspectives profondément inégalitaires.


Il y a une grande cohérence entre le culte de l’évaluation et de la performance qui s’abat sur l’école, la
suppression de la carte scolaire, la tentation du gouvernement actuel de mise en concurrence des établissements. Nous avons de bonnes raisons de craindre que les « Jardins d’éveil », les « Etablissements publics d’Enseignement Primaire » soient des structures destinées à permettre

d’accélérer le désengagement de l’état. D’autant plus qu’avec le vote récent de la loi Carle, le secteur privé obtient de nouvelles faveurs. Cette loi, permet aux municipalités de financer la scolarité de leurs enfants inscrits dans des écoles privées et les y oblige dans certains cas de figures, comme par exemple, si la commune ne dispose pas de système de garde pour les enfants dont les parents travaillent.


En organisant la dégradation de la qualité de l’accueil, on condamne l’école publique à perdre toute
attractivité au regard du privé.


Nous, parents, enseignants, élus, citoyens, réunis au sein des
trois collectifs Sauvons l’Ecole Pour Tous du Haut-Rhin, de la Communauté Urbaine de Strasbourg et de la Vallée de la Bruche, organisons une marche de protestation contre la politique éducative du gouvernement.


Nous organisons cette marche parce que nous sommes profondément attachés aux principes de gratuité,
d’équité, de laïcité, et parce que nous estimons que l’école doit permettre d’échapper aux déterminismes sociaux.


Elle s’effectuera durant trois jours à travers toute l’Alsace. Chaque collectif suivra son propre itinéraire : le
collectif Haut-rhinois partira de Mulhouse, celui de Strasbourg et celui de la Vallée de la Bruche, de Saales. Tout au long du parcours, les marcheurs alerteront la presse et sensibiliseront les populations aux enjeux des réformes du système scolaire français. Les trois cortèges se rencontreront à Strasbourg le 3

 

ème jour, pour défiler à travers la ville et demander des audiences à M. Ries, Maire de Strasbourg et à Mme Lovisi, Rectrice de l’Académie, afin de leur remettre leur « cahier de doléances ».